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Prise de décision : les conseils des spécialistes

Dernière mise à jour : 11 oct.

Tout manager est amené à prendre des décisions, comportant plus ou moins d’enjeux et avec plus ou moins d’informations préalables à sa disposition. Cinq points-clés se dégagent pour faciliter ce process, selon trois spécialistes du conseil aux dirigeants.


1) Coller au cap

"Une décision résulte d’une vision, découle d’un système et sert un objectif. Pour être efficace, elle ne peut pas être déconnectée de l’entreprise, de son fonctionnement et de ses enjeux", explique d’emblée Véronique Noyau, coach de dirigeants (société Noyau and co). Un cabinet comptable a pour stratégie le rachat de ses confrères afin de se développer par croissance externe ? Sa décision d’acquérir ou pas le portefeuille clients d’un confrère sera facilitée par ce cap qu’il s’est fixé et pour lequel il s’est doté d’outils d’analyse tels que des tableaux de bord qui permettent de faire des choix. Véritable colonne vertébrale de l’entreprise, la stratégie aide à la prise de décision en fixant des orientations. Les choix légitimes sont ceux qui vont dans son sens, et qui respectent les valeurs du cabinet.


2) Recueillir les informations

Lancer ou pas une nouvelle mission ? Aborder ou pas une nouvelle typologie de clientèle ? Investir ou pas dans des locaux ou un équipement ? Pour trancher ces questions, "il est indispensable de collecter les données nécessaires et de les analyser", préconise Alain Fernandez, spécialiste de l’aide à la décision en entreprise et éditeur du portail www.piloter.org. Tout en concédant que "les données collectées sont incomplètes par définition et que la décision est un exercice spéculatif". Comme ils le conseillent eux-mêmes à leurs clients, les experts-comptables ont intérêt à anticiper les risques pour les minimiser.


3) Se concerter

Entre Codir, Comex et groupes de travail en tous genres, la décision est rarement le fait d’un homme isolé. Dans son ouvrage "Prendre la bonne décision individuelle et collective" (*), l’auteure Christine Benoît énumère les avantages de la décision collective : "multiplier les idées, les points de vue contradictoires grâce à l’apport des différentes personnalités du groupe, augmenter la créativité ainsi que les solutions envisagées (..)". A l’inverse, la concertation collégiale peut aussi présenter des inconvénients tels que "déboucher sur des prises de décision consensuelles peu pertinentes". D’où la nécessité de bien s’entourer pour décider, avec notamment des associés aux compétences et à l’expérience complémentaires, voire de prendre des avis extérieurs (ami, confrère de confiance, etc). Alain Fernandez nuance toutefois le recours aux experts, conseils et spécialistes : "Ils peuvent enrichir la phase de collecte et d’interprétation des informations disponibles. Faut-il leur accorder une confiance absolue ? Un conseil opportuniste peut s’efforcer d’orienter la prise de décisions à son avantage à la manière d’un Richelieu ou d’un Raspoutine. Il faut se souvenir que les conseilleurs ne sont pas les payeurs".


4) Se connaître, s’écouter

…et tirer la leçon de ses décisions (bonnes ou mauvaises) antérieures. "Il est important que le décideur soit lucide envers son fonctionnement et ses éventuelles dérives", prévient Véronique Noyau. Une tendance à prendre des décisions rapides vous a porté préjudice ? Donnez-vous du temps. L’autoritarisme d’un manager débutant a provoqué des rejets ? Il faut peut-être adoucir sa démarche, impliquer l’équipe et communiquer sur la décision. Enfin, écouter son intuition, si l’on a une «fulgurance», un coup de cœur peut aussi aider, mais mérite tout de même d’être vérifié.


5) Expliquer

Qu’il s’agisse de rallier des associés à un choix, ou de faire adhérer ceux à qui la décision s’impose, il est nécessaire de pouvoir argumenter et défendre ses positions. "On ne sait jamais, au moment où on la prend, si une décision est bonne ou mauvaise, rappelle Véronique Noyau. En revanche, un manager qui décide compte tenu des éléments qu’il possède, en ayant pris du recul, en ayant une vision pour son cabinet et qui veut que son choix fonctionne, doit emporter l’adhésion. Il doit donc communiquer efficacement autour de ses choix". Le cabinet comptable décide de changer d’outil de production ? La conduite du changement est alors un paramètre-clé pour le succès du projet et elle passe par l’information et l’implication des utilisateurs. Enfin, comme le rappelle Christine Benoît dans son ouvrage : "Une décision est satisfaisante quand elle épouse la finalité désirée au préalable, que ses conséquences sont positives et éthiques. A titre personnel, une bonne décision rend heureux et confiant".


« Source : Actuel-EC »

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