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Comment le télétravail peut permettre d'améliorer la productivité

Dernière mise à jour : 1 juil.

Dans son troisième rapport, le Conseil national de productivité se penche sur les effets du télétravail qui s'est largement développé depuis la crise sanitaire. Comment les entreprises peuvent-elles en tirer profit en termes de productivité ? Quels sont les écueils à éviter ?


Dans son troisième rapport, le Conseil national de productivité s'est penché sur l'effet de l'essor du télétravail sur la productivité. Une tendance qui risque de se généraliser. En effet, constate le rapport, "alors que le télétravail était une pratique marginale, la crise sanitaire a conduit à un développement massif de cette pratique en France". Huit télétravailleurs sur dix déclarent souhaiter continuer le télétravail et 20 % des salariés travaillent dans une entreprise qui a l’intention d’étendre ou de pérenniser la règle existante en matière de télétravail. Le rapport rappelle qu'"avant la crise sanitaire, le télétravail était une pratique peu répandue en France. En 2019, seul 4 % des salariés le pratiquaient de manière régulière2 (3 % en 2017)", dont 14% de cadres".

"Cette forme de travail est souvent associée à des gains, tant pour les travailleurs concernés que pour les entreprises", observe le Conseil national de la productivité qui tente de cerner un peu plus précisément ces avantages en termes de productivité.

Un temps de travail mieux géré Comment le télétravail influe-t-il sur l'organisation du travail ? D'une part, souligne le rapport citant des études réalisées sur le sujet, "les télétravailleurs ont généralement une opinion particulièrement positive de la flexibilité de l’organisation de leur journée de travail et du gain de temps des trajets domicile-travail. Or la hausse de la satisfaction au travail est en général source de gains de productivité et d’une rotation des salariés moins forte...".

L'OCDE a d'ailleurs noté que plus de 60 % des managers de l’échantillon de leur enquête pensent que, "malgré un environnement non stabilisé et certainement pas idéal, la productivité de leurs travailleurs a augmenté grâce au télétravail. Ces managers estiment que c’est parce que les travailleurs sont plus concentrés et commettent moins d’erreurs à la maison".

A noter, "un nouveau type de recours au télétravail, qui introduirait par exemple des accords fondés sur des objectifs plutôt que sur une durée du travail, pourrait entraîner une éventuelle modification contractuelle", insiste le Conseil national de productivité.

Une entrave à la formation L'un des points faibles du télétravail souligné par le rapport est qu'il est "peu propice à la formation des salariés selon les managers". Selon l’enquête de l’OCDE, "ils sont environ 70 % à estimer que la formation du personnel dans un environnement de télétravail est plus difficile et que les employés apprennent moins sur le tas. De même, le télétravail ne favorise pas la bonne intégration des nouveaux entrants dans leur emploi. Cela peut constituer un frein à la croissance de la productivité à moyen et à long terme, notamment car la formation est un préalable aux qualifications".


Attention aux conditions de travail dégradées Attention aussi aux risques psychosociaux ! "Une mise en œuvre future et pérenne du télétravail dans de bonnes conditions implique une politique managériale adaptée, afin de réduire les risques de dégradation des conditions de travail", prévient le rapport. D’autres phénomènes, comme les difficultés de communication ou la solitude, viennent à l’inverse pénaliser ces gains potentiels de productivité". Délocalisation des emplois Le télétravail peut inciter à recruter au-delà même des frontières nationales, ce qui peut constituer autant un atout qu'un risque. "Au-delà des effets sur la productivité, il faut aussi signaler des effets sur la compétitivité, notamment en permettant aux entreprises de puiser dans un réservoir plus large de talents géographiquement éloignés, ainsi qu’une meilleure allocation des travailleurs aux entreprises (matching)", note le rapport.

"Le télétravail peut permettre d’élargir la réserve de travailleurs parmi lesquels les entreprises peuvent choisir, éventuellement même au-delà des frontières géographiques, soit pour mieux cibler des profils par rapport aux compétences requises (talents), soit à compétences équivalentes pour bénéficier d’un contexte juridique, social ou fiscal, plus favorable".

Ce qui n'est pas sans danger. "Les effets de potentiel dumping, incitant au moins-disant social et fiscal pourrait donc affecter la productivité des pays (fuite des cerveaux et accroissement du pouvoir de négociation des entreprises qui comprimeraient les salaires), mais aussi la compétitivité entre pays".

Là encore, "la négociation collective peut permettre de trouver un point d’équilibre entre la recherche de productivité des entreprises et les risques de délocalisations". Réduire les coûts fonciers Enfin, comme on l'observe depuis quelques temps, le télétravail permet de réduire les mètres carrés de bureau et d'augmenter ainsi la productivité comme le constate le Conseil national de productivité. "Cela passe par exemple par une baisse des coûts pour les entreprises se restructurant pour utiliser moins de foncier (capital physique), c’est-à-dire la baisse de l’utilisation d’un facteur sans effet sur la production, ce qui conduit à une augmentation mécanique de la productivité du travail".

Selon la Banque de France, le loyer d’une entreprise locataire médiane représente environ 8 % de sa valeur ajoutée, offrant ainsi une marge de manœuvre pour réduire l’empreinte foncière des entreprises.


« Source : Actuel-EC »

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